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Par Buster (message publié sur l'ancien forum d'encrier.be)

«Bonjour à tous.

A la fin de mes études d'illustrateur (le cachet de La Poste faisant foi), j'ai été encouragé à publier mon TFE. Bardé d'espoirs fous, je fis un tour des éditeurs belges en présentant mon modeste travail (textes illustrés). Aucune réponse positive. Ce n'était jamais un problème de qualité (hmmm), mais de ligne éditoriale, de manque de reconnaissance préalable, de morosité du marché, de "je ne publie que mes travaux, savez-vous", etc. La belle affaire. Donc, j'ai pris conseil chez un libraire spécialisé (http://www.lecomptoir.be). Résultat : auto-édition.

 

S'il ne m'a fallu que 2 semaines pour réaliser mon travail, il m'en fallu 24 pour tenir en main mon premier bouquin. Les difficultés sont nombreuses : réalisation, relation avec l'imprimeur, compréhension des contraintes techniques, recherches de diffuseurs, dépôts chez les libraires, ... Et investissement financier. Le bouquin fut tiré à 400 exemplaires en quadri. Le coût s'élevant à 2.048 euros TTC. Trois années furent nécessaires pour que je me rembourse.

La recherche de diffuseurs est presque aussi laborieuse que celle d'éditeurs. Ils pinaillent à investir [du temps] dans un auteur qui ne compte qu'un malheureux bouquin à son actif. Dès lors, il faut rencontrer un à un les libraires et négocier le dépôt de 10 malheureux exemplaires dont ils ponctionneront impitoyablement 33 % du prix de vente. C'est là que j'ai craqué. Je n'ai finalement déposé mon bouquin que dans 2 librairies liégeoises. Et cela a pourtant suffi à rendre le projet sinon rentable du moins non déficitaire. Ce qui, dans la microédition, n'est déjà pas si mal.

Alors, me direz-vous, cela en valait-il la peine? Oh que oui. Car il n'existe pas de plus grande satisfaction que de tenir un livre qu'on a créé. Il n'y a rien de plus plaisant que de rencontrer des lecteurs qui ont apprécié votre travail [les autres, qu'ils brûlent en Enfer, si je puis me permettre]. De plus, c'est une expérience très enrichissante techniquement. Mon bouquin, avec le recul, me semble bien moche et mal foutu, mais il restera mon premier coït éditorial. Et comme tout premier coït, il a une saveur bien à lui, mêlée de maladresse, d'empressement et de tâtonnement qui feraient rougir un gymnosophiste déluré. Lorsque je rééditerai un machin, ce sera avec un bagage non négligeable et moins d'ulcères. Bien sûr, financièrement, c'est un risque. Si vous investissez 3.000 euros et que votre bouquin est un four [pas qualitatif mais commercial, ou pire, les deux], vous pourriez envisager l'auto-strangulation définitive. Mais ce n'est pas un bon calcul. Car un échec ne veut pas dire charrette, et que pour le prix d'un écran plasma, on a bien le droit de rêver un peu.

Pour conclure, je vous encouragerai à tenter l'aventure [quel poète]. L'idéal est de charmer un éditeur. Si ce n'est le cas, osez l'auto-édition et envisagez-le comme un rodage, un test, un premier rapport. N'attendez pas de pondre LE LIVRE parfait ; il n'existe pas. N'attendez pas que la chance vous sourie ; elle est du genre à faire la gueule. Qu'avez-vous à perdre? De l'argent, d'accord. Mais qu'avez-vous d'important à perdre, hein? Hein? Rien si ce n'est de l'argent, mais on ne va pas passer la journée là-dessus ! Et ma foi, si cela fonctionne...

Au plaisir de vous voir, un jour, rejoindre le pays des inconscients. :)

PS : Je suis un optimiste exalté.»

Réponse d'encrier.be :


Bonjour Buster, bienvenue et bravo pour ton premier post sur encrier. Tu nous livres*-là un témoignage utile et très bien argumenté. Gageons que le sujet de l'auto-édition amènera les membres actuels et futurs d'encrier à deviser passionnément. Bientôt disponible, le compte rendu de la rencontre de Benoît Jacques, nous éclairera sur ce mode d'édition dont il est aussi possible de faire une "profession". Quel jeu de mots ! diras-tu, hum hum